INTERSCULPT 2001:
biennale mondiale de sculpture numérique
par Christian LAVIGNE
Président de Toile Métisse, Secrétaire D'Ars Mathématica, Coordinateur Général d'InterSculpt
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INTERSCULPT 2001

L'édition 2001 de la biennale INTERSCULPT, que j'ai eu le plaisir de coordonner, et qui s'est déroulée en novembre dernier, a pris trois aspects complémentaires:

  • Une série d'expositions physiques et de conférences organisées à Paris (Responsables: C. LAVIGNE et A. VITKINE. Lieu: Mairie du VIe), Manchester (Responsable: K. BROWN. Lieu: Righton Gallery de l'Université de Manchester), New-York (Responsables: M. Rees, R. Smith. Lieu: Engine27, espace dédié aux recherches musicales), Dayton (Responsable: J. MARSHALL. Lieu: ARCHETYPE GALLERY), Tempe (Responsable: Dan COLLINS. Lieu: PRISM Lab, Arizona State University), New Orleans ( Responsable: P. HIGHAM. Lieu: New Orleans Sculpture Lab), Wanganui et Wellington (Responsable: B. BUNKLEY. Lieux: The Sarjeant Gallery et The Adam Gallery), Brisbane (Responsable: Mike NAYLON. Lieu: Queensland Manufacturing Institute), Hong Kong (Responsables: I. GIBSON, H. W. WAI. Lieux: University of HK et Jockey Club Auditorium).
  • Un "Virtual Sculpture Park" en 3D sur le Web, créé avec ActiveWorlds par le Pr. Derrick WOODHAM, à Cincinnati.
  • La seconde Digital Sculpture Competition, dont le jury international fut présidé par C. Lavigne.

Le principe même d'INTERSCULPT est d'être un événement vivant, interactif et simultané. Vivant: les artistes et leurs sponsors en matériels de pointe y sont invités à proposer des créations et des démonstrations in situ, devant le public, et si possible en direct sur le Net. Interactif: des échanges de messages et de fichiers (images et objets), des CHAT et des visioconférences sont organisés. Simultané: les divers lieux accueillant la biennale prévoient des périodes communes d'activité, permettant des échanges et des créations à distance (télésculpture).

On doit tout de suite ajouter que la dispersion géographique des participants rend parfois difficile la programmation des interconnexions, étant donnés les nombreux décalages horaires à gérer!

La partie française d'IS2001 a été accueillie dans la très belle Salle du Vieux Colombier de la Mairie du VIe à Paris, grâce à la bienveillance du Maire de l'arrondissement, M. Jean-Pierre LECOQ, et à l'aide de M.M. OUY et GIBOUR du Comité des Fêtes.  L'exposition a été ouverte du 7 au 17 novembre, sauf les dimanches, et pas vraiment le 17…pour cause…d'alerte au feu!
 

La mezzanine, ou second niveau de la salle, présentait un panorama historique et actuel assez complet de la sculpture numérique, sous forme de grandes affiches illustrées.
 

Au premier niveau de la salle nous avions installé nos équipements et machines, présenté une série de sculptures numériques, matérialisées (œuvres de BUNKLEY, DICKSON, FRANCKE, HIGHAM, LAVIGNE, LONGTIN, ROELOFS, SEQUIN, SMITH, VISSER, VITKINE, WOODHAM…) ou non (œuvres de NYEKI, PETERSEN…et artistes du Virtual Sculpture Park). La société NEC nous avait fourni un puissant vidéoprojecteur, et MINOLTA un appareil photo numérique à prise de vue tridimensionnelle. ISEL avait mis à notre disposition une fraiseuse numérique, prise en charge par Alexandre VITKINE. Quant à la société HOTGUARD, elle nous avait prêté une SmileCam, webcam mobile contrôlable à distance et branchée 24H/24 sur le Net, qui a eu beaucoup de succès (nous avions obtenu de la Mairie que la lumière de la salle reste allumée la nuit).
 

Nous remercions d'autres partenaires et sponsors sur la page Web d'INTERSCULPT 2001, mais il nous faut rendre ici un hommage tout particulier à FRANCE TÉLÉCOM et à son STUDIO CRÉATIF qui nous a soutenu moralement, techniquement et financièrement…alors que nous avions été comme toujours dénigrés par les incapables qui nous gouvernent au Ministère de la Culture (il y a évidemment des personnes d'exception dans cette administration, mais elles sont contrées par les autres), et que la Ville de Paris n'a pas su nous prêter main forte.
 

Le malheureux désistement de dernière minute de 3 fabricants de machines de Prototypage Rapide ne nous a pas permis de produire des télésculptures en direct dans l'exposition, mais nous avons pu d'une part envoyer nos fichiers vers d'autres lieux mieux lotis en machines (lieux spontanément appelés "IS nodes" par nos confères anglophones: de quoi souligner notre contribution au Web, c'est à dire au Filet enrichi de nos liens, de notre textus); nous avons pu d'autre part utiliser la fraiseuse ISEL; nous avons pu exposer des œuvres produites lors d'IS99 et du Futur du Travail à la Cité des Sciences et de l'Industrie; et, enfin, nous avons reçu des pièces nouvelles réalisées dans les ateliers de MATERIALISE (impression 3D) et de 3DLASER (gravure tridimensionnelle).
 


oeuvres d'Herbert W. KRANKE (à gauche et à droite) et d'Hilary LANGHORST (au milieu)
gravure 3D dans du verre optique

oeuvres de Robert SMITH (à gauche) et de Brit BUNKLEY (à droite)
cire Thermojet

oeuvres de Stewart DICKSON
matériaux divers

oeuvres électro-graphiques d'Alexandre VITKINE
et infosculptures (bois tropicaux)

oeuvres de Jonathan CHERTOK (à gauche et au milieu)
et de Paul HIGHAM (à droite)
cire Thermojet

5 artistes ont été actifs et physiquement présents dans l'expo de Paris:

  • Christian LAVIGNE, dont les œuvres expriment des thèmes poétiques ou mythologiques, présentait des robosculptures faisant appel à des techniques et des matériaux variés: "Astarté, Queen of Africa" en Altuglas découpé au jet d'eau, "Le Pays de Koush" en Altuglas découpé au laser, "Régénération du Monde" en fonte d'aluminium d'après une stéréolithographie, "Le nombre d'Or" en frittage de poudre Duraform, et "Cybersaly I / Multiplicité de l'Etre" en Duraform d'après une digitalisation 3D, etc…

Christian LAVIGNE
Cybersaly 1 / Muliplicité de l'Etre
frittage de poudre
réalisation de MATERIALISE

Christian LAVIGNE
Le Nombre d'Or
frittage de poudre
réalisation de MATERIALISE
  • Catherine NYEKI, franco-hongroise, cybersculpteur du virtuel, proposait son beau CD-ROM interactif "MICRO UNIVERS", dans lequel évoluent, dansent, des formes "bio-géométriques", au rythme d'une chorégraphie et d'un chant modifiables par le spectateur.

Catherine NYEKI
Micros-Univers
CD-ROM interactif de sculpture virtuelle
  • Peter PETERSEN, originaire du Danemark, présentait une œuvre abstraire sur écran, aux formes et aux couleurs diffuses, évoluant très lentement selon des transformations subtiles que l'artiste calcule en recherchant ces principes de synesthésie qu'il étudie depuis plusieurs années.

Peter PETERSEN
séquence d'une composition infographique musicale
  • Rinus ROELOFS, venu de Hollande, apportait des pièces nouvelles d'inspiration mathématique, belles et complexes, impensables et infaisables sans les outils de notre discipline.

Rinus ROELOFS
Sphere in a Sphere
plexiglass
  • Alexandre VITKINE, fidèle à sa recherche de formes épurées, faisait une fois de plus la démonstration qu'un artiste-ingénieur peut se saisir de la technologie, créer son propre logiciel informatique, et piloter une fraiseuse numérique pour sculpter des œuvres originales en bois ou autres matériaux usinables.

Alexandre VITKINE
créant une infosculpture en bois
avec la fraiseuse ISEL

D'autre part, nous avons reçu via le Net des images de synthèse et des animations d'artistes que nous nous sommes efforcés de présenter au public, au fur et à mesure de leur arrivée.
 


sculpture virtuelle de Hsin Hsin LIN (SG)

sculpture matérialisée de Brit BUNKLEY (NZ)

oeuvre virtuelle du groupe METARING (France-USA)

sculpture matérialisée de Paul HIGHAM (UK-USA)

sculpture virtuelle de Mary VISSER (USA)

Toujours grâce à l'Internet, nous avons pu aussi organiser des CHAT, soit par le biais de la SmileCam, soit par celui du VIRTUAL SCULPTURE PARK où il est possible de se promener et de converser sous forme d'avatar.

Je dois avouer cependant qu'au moins la moitié de ces rencontres en ligne n'ont pu avoir lieu qu'à mon domicile, fort tard dans la nuit, pour cause de décalage horaire. Les sites d'Hongkong et de La Nouvelle Orléans ont été particulièrement communiquants en ce qui concerne le direct. Cet aspect d'INTERSCULPT ne pourra se développer que si nos lieux d'accueils sont équipés de bonnes connexions à l'Internet et de webcams, et s'ils acceptent des horaires d'ouvertures élargis. Ce ne pouvait être le cas pour IS2001, un mois après les événements de New-york, et mis en France au régime du "Plan Vigipirate".
 


videoCHAT nocturne entre Paris, Hong Kong, et La Nouvelle Orléans
sur l'écran, en direct: à gauche l'image de Paris, à droite l'image de Hong Kong

Les deux derniers jours de l'exposition de Paris, nous avons proposé une petite série de conférences, animées par les artistes déjà cités rejoins par M. Georges TAILLANDIER, Président de l'Association Française de Prototypage Rapide, et par M. Rémi SUSSAN, journaliste des NTIC.

On trouvera sur le site www.intersculpt.org le détail de ces interventions, disponibles en RealVideo. En bref, C. LAVIGNE a fait un tour d'horizon de la sculpture numérique à travers le monde, C. NYEKI, R. ROELOFS et A. VITKINE ont expliqué leurs démarches artistiques respectives, P. PETERSEN a développé sa théorie des synesthésies, G. TAILLANDIER a résumé l'ensemble des techniques de Prototypage Rapide, et R. SUSSAN nous a invité à un voyage initiatique - et critique - dans les mondes virtuels.

Pour ce qui est des autres lieux d'accueil d'INTERSCULPT à travers le monde, je vous invite à vous reporter à leurs sites Web respectifs, mentionnés à la page http://www.intersculpt.org/is2001/ 
 

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